Covid 19 : le traitement contre le palu sur le banc d’essai

Alors que la chloroquine, un traitement contre le paludisme, semblait montrer des signes d’efficacité sur le Covid-19 selon une étude préliminaire, plusieurs experts de la communauté scientifique, loin de s’emballer, appellent à la plus grande prudence, car, en l’absence d’études plus poussées, les effets indésirables peuvent être graves.

La chloroquine, le remède contre le Covid-19 ? 

Avec la chloroquine, plusieurs traitements font partie de l’essai clinique Discovery pour trouver une solution face au Covid-19. L’étude, lancée dimanche 22 mars, testera dans plusieurs centres hospitaliers universitaires (CHU) à travers le pays l’efficacité d’un médicament contre le VIH, d’un antiviral développé contre le virus Ebola et, donc, la chloroquine. Au total, elle inclura 3 200 patients en Europe, dont 800 en France. Celle-ci est pilotée par un groupe de chercheurs français. Ce groupe de recherche est nommé Reacting. Il devrait donner des résultats d’ici à six semaines. De son côté, Didier Raoult est persuadé de l’efficacité de la chloroquine pour traiter du Covid-19. Finalement, c’est probablement l’infection respiratoire la plus facile et la moins chère à soigner de toutes les infections virales, selon lui, il vante les mérites du traitement anti-paludique. Depuis, il a testé cette méthode sur des malades et déclare obtenir des résultats « exceptionnels ». Après six jours de traitement, seulement 25% des malades sont encore porteurs du virus alors que ce chiffre s’élève à 90% chez ceux qui n’ont pas reçu de chloroquine.

La solution miracle fait-elle l’unanimité ? 

Cet avis est loin de faire l’unanimité et cette potentielle piste doit être accueillie avec la plus grande prudence, ont prévenu plusieurs autres spécialistes français interrogés par l’AFP. Il faut être extrêmement circonspect et prudent, selon François Maignen, docteur en pharmacie et spécialiste de santé publique, qui pointe les limites de l’étude chinoise. Il faut avoir à disposition les protocoles, pour savoir comment l’étude a été conduite, quels ont été les critères d’évaluation, la population de patients (selon les standards habituels de tests de médicaments). Une fois les résultats disponibles, il faut une phase de publication pour que les données soient évaluées de façon critique par des experts, notamment les scientifiques de l’Organisation Mondiale de la Santé. Cet enthousiasme n’est pas partagé non plus par beaucoup d’autres médecins et chercheurs. Certains pointent les effets indésirables liés au traitement anti paludéen, notamment sur les seniors et quand il est associé à certains antibiotiques. L’essai mené par le professeur Raoult, qui ne porte que sur 24 individus, est bien trop léger pour d’autres. Un infectiologue de l’hôpital Henri Mondor pense qu’il ne faut absolument pas s’emballer concernant les vertus de ce médicament et qu’il faut arrêter de faire croire que c’est le remède miracle.

Des espoirs naissants de courte durée 

Ce potentiel traitement a suffisamment fait parler de lui pour intégrer l’essai clinique. Certains médecins souhaitent reproduire l’essai du professeur Raoult dans d’autres centres hospitaliers, par d’autres équipes indépendantes, selon le ministre de la Santé, Olivier Véran. De plus, le président américain Donald Trump a salué l’efficacité de la chloroquine sur Twitter, cependant, l’organisme fédéral qui supervise la commercialisation des médicaments aux États-Unis a tempéré l’enthousiasme présidentiel. En l’absence de données cliniques solides et publiques, on ne peut pas en déduire une preuve d’efficacité ni des recommandations. Il faut lutter contre les fausses informations de santé, selon certains médecins. Par ailleurs la chloroquine peut même être « très dangereuse en cas de surdosage », ce qui alerte, en outre contre le risque de développement de résistance à la chloroquine. Il faut faire attention, car la chloroquine a un certain nombre d’effets indésirables, à savoir des affections du système immunitaire, affections gastro-intestinales, nausées, vomissements, des troubles au niveau hépatique, voire hématologique, selon le professeur Jean-Paul Giroud, l’un des spécialistes les plus reconnus en pharmacologie et membre de l’Académie nationale de Médecine. Et qui de la prise en charge par la mutuelle ? Il faut donc agir avec prudence pour faire face au Covid-19, n’hésitez pas à suivre l’actualité régulièrement.

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